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bluesy

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Message par bluesy » 27 sept. 2012 17:26

lecolhector a écrit :Pour illustrer mon propos, je vous pose une question simple : Avez-vous déjà acheté un disque pour lequel la musique vous fait vibrer, mais sans pochette ? :P
Les 45T, beaucoup n'ont pas de pochettes. Au fait pourquoi ? :scratch:


"Music Makes You Move" : Funkhouse Express (1974) so... "HIT THAT ONE!" : JB
"They Call Us Wild But We Got Soul" : Wild Magnolias (1975)

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Maas

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Message par Maas » 27 sept. 2012 17:31

Je sais pas? Peut-être une question économique ou pratique? Vu que les maxi sont souvent utilisés par les DJ pour les mix, les soirées ? enfin je dis ça mais je sais vraiment pas? :lol:

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Wonder B

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Message par Wonder B » 27 sept. 2012 18:04

Probablement pour des raisons de coût... Il n'y a qu'en Europe (et encore pas en Angleterre), qu'on a donné dans la 'picture sleeve'.
Il y a de très rares exceptions aux US.
Il en va de même pour les 12" ou maxi 45 chez nous. Tous possèdent des pic sleeves chez nous et quasiment aucun aux US.
Cela n'a rien à voir avec les DJ's puisque ceux-ci sont apparus bien après l'avènement du 45t.
Mais le 45t est (était!) un objet de consommation usuel, à l'inverse du LP/33t. Il fallait qu'un 45t cartonne suffisamment pour que les maisons de disques bâtissent un album autour.
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Maas

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Message par Maas » 27 sept. 2012 18:09

Merci Wonder ;)

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Wonder B

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Message par Wonder B » 27 sept. 2012 18:17

Il y a encore plus singulier avec les EP, dont la France s'était faite une spécialité dans les années 60... Pochette en carton pelliculé à l'instar d'un 33t avec photo de l'artiste et 2 titres par face de ces 45t 'long jeu' comme on disait à l'époque.
Inutile de dire que ces trucs sont recherchés par les collectionneurs du monde entier, car ce sont vraiment de beaux objets et devenus rares à cause de ceux qui les cherchent et aussi parce que pas mal ont été abimés au cours des années.
Mon tout premier disque, acheté avec ma très maigre tirelire, a été un 45t 4 titres de Jimi Hendrix et la pochette est absolument magnifique avec une photo de Jimi et ses deux potes de l'Experience se promenant avec leurs vestes de hussards dans les puces de Kensington probablement.
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Maas

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Message par Maas » 27 sept. 2012 19:10

Donc en gros ce sont les Français les pro du 45t en image :D c'est pour ça que j'ai réussi a vendre un 45t de Curtis jusqu'au Japon :cool:

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Phil

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Message par Phil » 27 sept. 2012 21:09

Oui Maas, tous les pays ont sorti des 45 avec des pochettes mais il faut reconnaître que les nôtres sont les plus beaux. :happyboy:

On s'en rend compte en comparant avec d'autres pays -à part peut-être les japonais, qui ont aussi de très belles couleurs.

Mais le EP français, avec sa pochette glacée (laminated), ses 4 titres et souvent ses photos inédites, c'est vraiment un très bel objet que le monde entier nous envie -même si les prix ont bien baissé... :(

A part les éditions juke-box en France il n'y avait pas de pochettes neutres, comme dans les pays anglo-saxons. Même dans la Soul beaucoup d'artistes obscurs ont eu droit à leur(s) 45.Voici un site très détaillé avec les photos de ces disques : http://45vinylvidivici.net/pageaccueilseventies.htm

Et le premier EP de Wonder ! ;)

Image
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Wonder B

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Message par Wonder B » 27 sept. 2012 23:03

Ahhhhhhhh t'es un chef Phil! Mon 45T adoré! Je l'ai toujours et il est toujours mint ce qui est quand même un signe évident de ma maniaquerie LOL De l'époque de sa sortie à 2012 çà commence à faire (45 ans déja)!

Pour les 45t Japonais ils sont très beaux et surtout très attractifs grâce à leur lettrage particulier dont ils aiment à faire des variations, mais ce n'est pas une pochette à proprement parler. Tous les 45t japonais sont dans des pochettes papiers simples mais (comme ils sont vendus sous pochette plastique transparente) ils y glissent une feuille de papier imprimée (de qualité) au format du 45t qui fait office de pic sleeve...
Les Français ont donc quand même l'avantage haut la main au niveau qualité dans ce domaine.
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Phil

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Message par Phil » 28 sept. 2012 08:25

Wonder B a écrit : Les Français ont donc quand même l'avantage haut la main au niveau qualité dans ce domaine.
On est bien d'accord Wonder. ;)

Mais je parlais surtout des photos, aux couleurs très attractives. Et ils ont aussi fait des EP's "normaux".
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Wonder B

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Message par Wonder B » 28 sept. 2012 15:26

Oui bien sûr Phil...
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funkycop

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Message par funkycop » 11 nov. 2012 19:12

Excellent sujet et j'ai mis sans mentir presque 1 heure à tous vous lire.
Vaste sujet en effet, chacun pourra amener sa pierre à cet édifice sans fin.

Pour ma part un collectionneur c'est dans un premier temps un passionné, un amoureux de la chose et dans nos cas ce qu'elle contient le son (car les collectionneurs de capsules de bière ou champagne n'ont que l'objet). Donc je pense que nous collectionneurs de funk (pour ma part majoritairement vinyle 95%), nous recherchons les musiques et en plus sur le support fétiche. Mais n'étant pas fétichiste, car quand un LP est introuvable et qu'il en sort une réédit en CD je finirai par la prendre. Plus pour ce qu'elle contient d'autant plus vrai si elle contient des titres unreleased ou versions exclusives.
Mes vinyles ne sont pas stockés dans un lieu coffre fort, ils sont rangés sur des étagères Ikea pour ne pas les citer, et ils prennent souvent l'air sur mes platines. Le vynile pourquoi, car j'ai commencé avec en 88 et cette sonorité m'a manqué par la suite quand je suis passé au CD, c'était cool de pouvoir se fournir chez des disquaires avec des trucs de fou qu'on ne trouvait plus en vinyle (c'était bien avant le net c'était le temps du minitel donc pas évident pour voir les pochettes :o)))))))))))) )
Ensuite un collectionneur est un passionné qui y passe beaucoup de temps, encore plus dans notre cas car il faut écouter et on découvre tous les jours des morceaux, donc la collection est non exhaustive pour les vrais amoureux car on en découvre tout le temps, des anciens trucs dès fois rares pour ne pas dire obscurs et des sorties flambant neuves du mois et même en vinyle (oui je ne rêve pas, par exemple Sharon Jones et the Daps King ).
Donc on a une idée de ce qu'elle doit ou devra contenir, les trucs classiques, les moins classiques, les coups de cœur qui vous rappellent un instant puis les graals après lesquels on court et qu'on se fait subtiliser au dernier moment sur la toile, ou chez un disquaire quand on entre et que le type l'a en main et attend de passer en caisse avec "naaan".
Donc on remet son achat à une autre fois et quand enfin on le choppe on se souvient de ce mal qu'on a eu et on aura un rapport particulier à lui.
Je ne pense pas qu'elles doivent être figées, à moins de thésauriser comme dans la pierre mais les cotes sont tellement fluctuantes que c'est comme boursicoter et souvent comme au casino c'est le joueur qui perd. Les goûts changent aussi et du coup ma collection est en constante évolution car il y a des disques que je n'écoute plus et qui ne me font plus kiffer 10 ans après alors je les revends aussi car cela prend de la place tous ces vinyles (30cm + 30cm +...). Et aussi car il faut pouvoir suivre côté fric et donc pour continuer il faut des thunes.
Le collectionneur de vinyle a milles facettes, en c'est ce qui fait son charme et sa différence car en parlant avec un autre il nous fait toujours découvrir quelque chose, le funk Jap, Afro, Nigérien...
La différence aussi c'est le collectionneur ne prend pas toute une série comme les autres collectionneurs si les 2 derniers LP sont de la daube, une collection ne sera pas plus chère si elle est complète?
Du coup c'est une collection qui finalement n'a pas de prix vu le temps consacré à sa création et le fait que les côtes changent constamment, en plus si on prends l'exemple de la philatélie, les timbres ont une cote officielle, les skeuds pas vraiment ils valent ce qu'on veut bien mettre dedans.
Une chose est sûre c'est que le collectionneur de vinyle est "addict" comme un accroc il cherche toujours à s'en procurer :study: d'ailleurs je m'y remets car j'en cherche toujours et des que je connais en plus :cool:

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funkiness
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Message par funkiness » 03 janv. 2013 17:19

N'ayant pas encore répondu aux questions ci-dessous, je m'y colle.
En relisant les échanges, je constate avec satisfaction que tout le monde a répondu de façon très pertinente. Bravo à tous!

Qu'est-ce qu'une collection ? Doit-elle être exhaustive et est-elle figée ?

Je vois la collection intelligente comme l'ensemble des objets d'une passion et certainement pas - comme l'a bien souligné Wonder B - comme la discographie intégrale de tel ou tel artiste ou genre musical. Par exemple, je suis un fan transi de James Brown mais je ne cherche pas à acquérir tous ses disques. Il faut que ça me plaise un minimum. En clair, un disque n'est pas un objet de décoration ou un trophée de chasse mais bel et bien un objet presque vivant avec lequel on a une relation charnelle et esthétique, comme beaucoup l'ont très bien expliqué. La collection n'est donc ni exhaustive ni figée.

Quel en est l’intérêt principal ?

La réponse ne peut être que subjective, chacun ayant des motivations cachées diverses. Dans mon cas, je ne vais pas cacher que c'est, outre une manière d'assouvir ma passion pour le funk, une façon de me réaliser, de me sentir exister. Rentrer un disque recherché procure, même si c'est fugace, un sentiment de plénitude (voire de puissance si l'on scrute l'inconscient).

Pourquoi vouloir posséder ? Est-ce que la notion de possession à outrance ne l'emporte pas sur le but initial d'écouter de la musique ?

La première partie de la question rejoint la précédente.

La deuxième partie (sur la possession à outrance), c'est l'écueil à éviter... et que l'on n'arrive pas tous à éviter :lol: Mais nous avons une circonstance atténuante : la richesse du funk et de la soul, le nombre incalculable de merveilles cachées mais aussi d'indispensables classiques.
Cela dit, pour ouvrir un débat autocritique, je dirai que cette notion de possession à outrance est ce qui me gêne le plus chez nous puisqu'elle peut conduire à des attitudes peu reluisantes : égoïsme forcené, voracité sans limite, vanité, jalousie, mégalomanie délirante ou l'inverse, à savoir l'indifférence (de façade) ou l'attitude désabusée, là aussi feinte, devant un graal inaccessible...

Car c'est là le principal danger qui guette les collectionneurs : leur besoin maladif d'avoir et de posséder tout ce qu'ils aiment, et donc l'agacement qui en découle lorsqu'ils ne le peuvent pas. On peut en arriver à refuser d'écouter quelque chose car on sait qu'on ne pourra pas l'acquérir. "Je ne peux pas l'avoir, donc j'écoute pas". C'est limite infantile. C'est du pur déni. On peut même en arriver à rabaisser un truc excellent juste parce qu'on ne peut pas mettre la main dessus.
Pas mal d'entre nous - je lutte moi-même contre ça depuis des années, mais pas toujours avec succès, je l'avoue :pale: - pâlissent de désespoir ou rougeoient d'irritation quand ils découvrent une merveille dont ils savent qu'ils ne pourront pas se la procurer de sitôt. En gros, ils se fâchent presque au lieu d'être ravis de découvrir du nouveau. Dans un monde parfait, nous devrions plutôt nous émerveiller comme des gamins, mais le monde et nous autres homo funkus ne sommes pas parfaits...

À nous d'apprendre à dompter notre passion pour qu'elle ne tourne pas à l'aveuglement et à l'obsession maladive. Il s'agit de prendre de la hauteur, de se dire :

- face à la merveille introuvable dont on n'a jamais entendu parler, "allez, note le truc et compte sur la chance ou une réédition pour mettre la main dessus" (Et puis on élargit ainsi notre savoir à défaut de notre collection).

- face au pote qui a chopé pour des clopinettes un disque qu'on cherche depuis des lustres : "Sois content pour lui, ton tour viendra, tu en as chopé d'autres".

En somme, il nous faut apprendre - en tout cas je parle pour moi qui suis compulsif et monomaniaque - à retrouver une certaine "innocence" et un peu d'humilité, c'est peut-être la meilleure façon de parvenir à goûter vraiment notre passion, à s'en délecter sereinement au lieu de la laisser nous dévorer tout cru et pourrir même nos rapports avec le monde et nos proches. Bref, réapprendre à s'émerveiller. Je dis ça mais je n'y arrive pas toujours, je retombe parfois dans la bouderie du collectionneur frustré et jouant les désabusés - et ce n'est pas bien.

La collection de disques ne rentre-t-elle pas dans les logiques consuméristes modernes ?

Bluesy a donné la bonne réponse : le disque de collection n'est pas un objet jetable. Donc on échappe a priori à cette détestable logique de notre temps.
funkiness brings you funk and happiness

hermes

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Message par hermes » 04 mai 2013 17:47

Cela me fait sourire de répondre sur un sujet de ce type après funkiness (ah ces fameux premiers messages où nous faisions des liens entre funk et Heidegger...).

Très intéressantes réponses que celles postées par chacun. A mon tour également de partager mes réponses avec vous.

Qu'est-ce qu'une collection ? Doit-elle être exhaustive et est-elle figée ?

Par définition, aucune collection ne saurait être figée : chacune est une mise en tension entre le monde tel qu'il est et le monde tel qu'on aimerait qu'il soit. Le collectionneur mettant ensuite toute son industrie et son énergie à faire en sorte que le réel devienne progressivement le souhaité.

Dès lors, qu'est-ce qu'une collection ? Etymologiquement, collection vient du latin colligo qui signifie "nouer", "lier ensemble". On retrouve ici l'une des dimensions évoquées précédemment et qui fait écho au partage (les K7 partagées, les CDR, les mp3, ...) et qui participe du besoin de société qui nous anime tous. Si l'on va un poil plus loin, cette notion de "noeud" est également intéressante : elle ancre ce qui, en chacun de nous, nous ancre ici et maintenant. A ce qui nous anime. A notre manière de nous épanouir. La collection devenant ainsi, un moyen de rencontrer autrui. D'en être reconnu. Et de fait ce forum est lui même une collection de collectionneur. Etrange révolution. Nous sommes tous ici par besoin et envie de pouvoir échanger avec nos prochains. Nos semblables. Qui, bien que tous différents, se retrouvent autour d'un point particulier (un noeud) qui nous relie.

Du paysan qui collecte les graines pour les échanger avec ses pairs afin de diversifier ses parcelles au jardinier qui collectionne les plantes : la dynamique est la même. Et les racines de la collection / collecte profondes.

Quel en est l’intérêt principal ?

La satisfaction et l'apaisement.

La satisfaction de faire partie d'un espace public au sein duquel l'on est reconnu.

L'apaisement de ne pas se sentir seul. Isolé.


Pourquoi vouloir posséder ? Est-ce que la notion de possession à outrance ne l'emporte pas sur le but initial d'écouter de la musique ?


Petit détour métaphysique : posséder = avoir = aître = être.

Parce que l'homme ne peut pas ne pas être au monde autrement qu'en l'habitant et en le possédant d'une certaine manière, il ne nous est pas possible de ne pas posséder.

Ensuite, arrive la question de ce qui est possédé et de la relation entretenue par rapport à cette possession. Si je souhaite posséder pour posséder et accroître capitalistiquement cette possession, me voici devenuce que les anglo-saxons appellent un hoarder. Un vulgaire silo à grain qui stocke et amasse. En dépersonnalisant la dynamique originale on devient atteint de collectionite.

Nombreux sont celles et ceux qui amassent simplement parce que. Casques audio. Disques. Affiches. Femmes. Bagnoles. Timbres. Peu importe l'objet qui est réifié. Il n'est tout simplement plus qu'un amas d'atomes permettant à celui qui souffre de ce mal d'être soulagé lorsque l'accumulation est plus importante.

Un lecteur avisé me demanderait sans doute en quoi ceci se distingue de la définition que j'ai donné plus haut de la collection (cette tension entre le réel et le souhaitable). Le dérapage se produit, à mon sens, lorsque la personne n'est plus en mesure de supporter cette tension, cette insatisfaction qui est structurelle et qu'il décide de s'engager dans une fuite en avant sans que personne, ni rien ne puisse la stopper simplement.

Il devient dépendant de sa volonté d'accumulation. Il n'y a ici rien de spécifiquement "contemporain" si ce n'est que les nouvelles technologies démultiplient les causes possibles (et les frustrations associées) de (manque de) reconnaissance.

Dans ce cas très précis, le patient atteint de collectionite ne peut plus rien entendre. Ni écouter. Il doit simplement être aidé et soigné pour justement ré-apprendre à s'émerveiller (je suis en phase avec funkiness là-dessus).

La collection de disques ne rentre-t-elle pas dans les logiques consuméristes modernes ?

A mon avis, pas spécifiquement.

Voilà qui est fait, et navré pour le charabia ;-)

H.

ps : pour les archéologues, déjà certains éléments étaient discutés au début de ce forum ici.

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Message par funkiness » 04 mai 2013 23:08

Ça c'est de la contribution éclairée ! {resp@ct#
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funkiness
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Message par funkiness » 04 mai 2013 23:13

Il y a un autre sujet autour d'un doc sur les collectionneurs de vinyles, c'est ici
Psychanalyse d'un (de) collectionneur(s)

Les mecs sont oufs ! Moi ça m'a rassuré :P
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